« L’ECOUTE ET LE CHOIX – LES DEUX PILIERS DE L’EQUILIBRE »
« L’ECOUTE ET LE CHOIX –
LES DEUX PILIERS DE L’EQUILIBRE »
Par Henri Barbeblanche, philosophe, créateur de la
philosophie de l’Equilibrisme, créateur du concept d’Equitude.
Je regarde le monde
autour de moi, et je le trouve bruyant. Pas seulement à cause des moteurs, des
machines, ou des téléphones qui vibrent sans relâche. Non. Ce bruit dont je
parle, c’est celui des voix qui veulent avoir raison. Des voix qui se lèvent plus
fort les unes que les autres, qui s’imposent, qui s’entrechoquent.
Tout le monde parle. Plus
personne n’écoute.
Et pourtant… si tu veux
bien y réfléchir, tout commence par l’écoute. Avant même la parole, avant même
l’action. L’enfant, dans le ventre de sa mère, n’apprend-il pas d’abord à
écouter ? Il écoute le battement du cœur maternel, ce rythme régulier qui sera
sa première musique du monde. C’est ainsi qu’il découvre la paix. Et puis, peu
à peu, il grandit, il apprend à parler, à dire, à argumenter — et c’est là,
souvent, qu’il se perd.
L’homme moderne a oublié
d’écouter.
Il veut convaincre, il
veut briller, il veut prouver.
Il veut que sa voix
couvre celle des autres.
Et ce faisant, il oublie
que dans le silence de l’écoute, c’est la vérité qui se dépose, doucement,
comme un pétale sur l’eau.
J’ai souvent observé des
discussions qui ne sont pas des dialogues, mais des luttes déguisées. Chacun
s’arme de ses arguments, se protège derrière ses certitudes, se barricade dans
son camp. Et je me dis alors : comment pourrions-nous construire ensemble, si
nous avons tous peur d’avoir tort ?
L’équilibre, c’est
peut-être cela — accepter d’écouter même ce qui dérange, parce que cela aussi
fait partie du réel.
Tu sais, l’équilibre ne
demande pas de renoncer à soi. Il demande simplement de laisser une place à
l’autre. Ce n’est pas une abdication, c’est une ouverture. Une respiration.
Quand je t’écoute vraiment, sans vouloir répondre, sans vouloir corriger, je t’accueille.
Et dans cet accueil, quelque chose se guérit — en toi, mais aussi en moi.
Et puis, il y a ce
deuxième pilier de l’équilibre : le choix.
Ah, le choix… Ce mot qui
semble si simple, et qui pourtant effraie tant de monde.
Les gens croient choisir.
Mais la plupart du temps, ils se contentent de suivre.
Ils suivent une
tradition, une éducation, une peur, un confort.
Ils appellent cela un
choix, alors que c’est souvent un réflexe, une habitude, une fuite.
Faire un vrai choix,
c’est oser se regarder en face.
C’est se demander : «Est-ce que ce que je fais est vraiment moi ?»
Et accepter la réponse,
même si elle dérange, même si elle bouleverse.
Parce qu’un choix sincère
n’est pas toujours confortable, mais il est toujours libérateur.
Je vois des couples qui
restent ensemble par peur d’être seuls,
des salariés qui vont au
travail la boule au ventre, mais qui disent : « C’est comme ça, il faut bien
vivre. »
Je vois des parents qui
étouffent leurs enfants sous leurs rêves déçus,
et des enfants qui se
sentent coupables de vouloir vivre autrement.
Et je me dis : où est
passée la liberté ?
Pas la liberté de tout
faire, non — la liberté d’être soi, tout simplement.
L’équilibrisme, c’est
cela : réapprendre à écouter et à choisir.
Écouter pour comprendre,
pas pour répondre.
Choisir pour vivre, pas
pour plaire.
Et dans cet espace entre
l’écoute et le choix, c’est là que naît la paix.
Car lorsque tu écoutes le
monde, tu l’entends vraiment.
Et lorsque tu t’écoutes,
tu deviens vrai.
Et dans cette vérité-là,
il n’y a plus de guerre, plus de comparaison, plus de jugement.
Il n’y a plus que toi,
l’autre, et cette ligne invisible qui vous relie — l’équilibre.
Philosophe, écrivain, créateur de la philosophie de l’Équilibrisme, créateur du concept d’Equitude.

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