VŒUX DE FIN D’ANNEE SELON L’ÉQUILIBRISME

 


VŒUX DE FIN D’ANNEE SELON L’ÉQUILIBRISME

Par Henri Barbeblanche Fondateur de la philosophie de l’Équilibrisme

 

En cette lisière fragile entre deux années, là où le temps semble retenir son souffle, je ne peux me résoudre à formuler des vœux comme on lance des promesses au hasard. Je ne peux pas non plus me contenter d’un simple « que tout aille mieux », tant le monde que nous traversons est complexe, tendu, parfois brutal.

 

Si je regarde l’année qui s’achève avec lucidité, sans complaisance mais sans dureté, je vois une humanité profondément ébranlée.

Je vois des clivages s’être durcis, des idées partisanes devenir des identités, des opinions se transformer en armes.

Je vois des violences justifiées par des mots trop grands — politique, religion, sécurité, idéologie — comme si ces mots suffisaient à absoudre l’inhumain.

Je vois la peur s’installer entre les êtres, la méfiance remplacer la rencontre, l’autre devenir une menace avant même d’être un visage.

 

Mais je vois aussi autre chose.

Je vois, parfois discrète, parfois vacillante, une lumière qui ne s’est jamais éteinte.

Je vois des gestes simples de solidarité, des élans silencieux, des êtres qui, malgré le bruit et la fureur, choisissent encore la nuance plutôt que l’extrême, l’écoute plutôt que la confrontation, la présence plutôt que la domination.

 

C’est depuis cet endroit-là que je voudrais adresser mes vœux.

Non comme une liste d’espérances naïves, mais comme une orientation intérieure.

 

Selon la philosophie de l’équilibrisme, l’humanité ne manque pas de solutions.

Elle manque de justesse.

Elle manque d’un regard capable de tenir ensemble ce qui semble opposé sans chercher à le détruire.

 

Alors, pour l’année qui vient, je ne souhaite pas un monde parfait.

Je souhaite un monde un peu plus conscient.

 

Je souhaite que chaque être humain retrouve, ne serait-ce qu’un instant, la capacité de s’arrêter avant de réagir.

Que chacun puisse reconnaître que la colère n’est pas une identité, que la peur n’est pas une vérité, que la violence n’est jamais une nécessité.

 

Je souhaite que nous cessions de croire que l’équilibre est un état figé à atteindre, et que nous commencions à le vivre comme un mouvement vivant, fragile, mais possible.

Que nous comprenions que l’autre n’est pas là pour confirmer nos certitudes, mais pour élargir notre regard.

 

Je souhaite que les religions retrouvent leur souffle spirituel plutôt que leur rigidité dogmatique.

Que la politique retrouve le sens du service plutôt que celui de la domination.

Que la technologie, y compris l’intelligence artificielle, soit mise au service de la conscience plutôt que de l’aliénation.

 

Je souhaite aussi, et peut-être surtout, que chacun se réconcilie avec lui-même.

Car aucune paix durable ne peut naître d’un être en guerre intérieure.

 

Que nous apprenions à habiter nos contradictions sans nous juger, à écouter nos blessures sans les projeter sur le monde, à faire de notre intériorité un lieu de clarté plutôt qu’un champ de bataille.

 

L’équilibrisme ne promet pas un avenir sans chaos.

Il propose une manière d’y marcher sans se perdre.

Il ne supprime ni l’ombre ni la lumière, mais nous invite à reconnaître leur danse.

 

Alors, pour cette nouvelle année, mes vœux sont simples et profonds :

que nous choisissions la conscience plutôt que l’automatisme,

la relation plutôt que l’opposition,

la responsabilité plutôt que la fuite,

et l’humanité plutôt que la peur.

 

Que chacun, à son rythme, là où il est, puisse devenir un point d’équilibre dans un monde instable.

Car parfois, il ne faut pas sauver le monde.

Il suffit de ne pas ajouter de déséquilibre à ce qui vacille déjà.

 

Voilà mes vœux.

Ils ne cherchent pas à convaincre.

Ils cherchent simplement à rappeler que, même au cœur de la tempête, l’équilibre reste possible —

vivant, humble, profondément humain.

 

Avec justesse et présence,

pour l’année qui vient.

 

Henri BarbeBlanche

Philosophe, écrivain, créateur de la philosophie de l’Équilibrisme

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