LA FIN D’UN CYCLE, LE SEUIL D’UN AUTRE
LA FIN D’UN CYCLE, LE
SEUIL D’UN AUTRE
Par Henri Barbeblanche Fondateur de la philosophie de
l’Équilibrisme
Je
regarde le monde, et j’ai cette sensation étrange, cette évidence silencieuse
que beaucoup d’entre nous ressentent sans oser la nommer :
Nous ne
vivons pas simplement la fin d’une année.
Nous
vivons la fin d’un cycle humain.
Ce
n’est pas une figure de style, ni une idée poétique.
C’est
une réalité palpable, visible dans tous les visages, dans toutes les rues, dans
toutes les nations.
Quelque
chose s’essouffle, quelque chose s’effondre, quelque chose arrive à son terme.
L’humanité
traverse une période de tension comme elle n’en avait pas connue depuis
longtemps.
Les
conflits s’étendent, les nations se crispent, les alliances vacillent.
On
parle de guerre en Ukraine, de tensions entre grandes puissances, de menaces
autour de Taïwan, d’extrémismes qui progressent, de régions entières qui se
désagrègent.
Les
économies chancellent, les sociétés se polarisent, les populations sont
fatiguées, épuisées, parfois résignées.
Et
malgré cela, il y a une vérité que je n’arrive pas à ignorer :
Ce
n’est pas la fin du monde.
C’est
la fin d’un fonctionnement.
Ce sont
nos anciennes manières d’être, de penser, de gouverner, de consommer, de nous
traiter les uns les autres, qui arrivent à saturation.
Ce
cycle-là touche à sa limite.
Parce
qu’il ne peut plus porter l’humanité plus loin.
Parce
qu’il n’a plus de sens.
Parce
qu’il nous éloigne de ce que nous sommes profondément.
Et dans
cette fin, il y a une forme de douleur — une douleur collective.
La
douleur de l’incertain, du changement imposé, de l’effritement des repères.
La
douleur de voir des peuples souffrir, des familles fuir, des enfants être
confrontés à des réalités qu’ils n’auraient jamais dû connaître.
La
douleur de voir la terre elle-même épuisée par notre ignorance.
Mais
au-delà de cette douleur, il y a quelque chose d’autre.
Quelque
chose que nous oublions souvent :
Les
fins sont des passages.
Des
portes.
Des
seuils.
Quand
un cycle se termine, un autre peut naître.
Et
c’est précisément là que réside l’espoir.
Nous
sommes peut-être à la fin d’un monde, oui —
mais
pas à la fin de l’humanité.
Nous
arrivons dans cet espace rare, fragile, précieux, où tout devient possible :
La
destruction totale, si nous persistons dans l’ancien…
Ou bien
la reconstruction, si nous choisissons totalement autre chose.
Et ce
choix-là, contrairement à ce que beaucoup pensent, n’appartient pas seulement
aux dirigeants, aux gouvernements, aux puissants.
Il
appartient à chacun d’entre nous.
À
chaque conscience.
À
chaque être humain qui décide un matin :
« Je ne
veux plus vivre dans un monde où l’on me dicte qui je suis, ce que je dois
craindre, ce que je dois penser. »
« Je
veux reprendre mon libre arbitre. »
« Je
veux revenir à la dignité, à la vérité, à l’humanité. »
Le
basculement ne viendra jamais des élites seules.
Il
viendra des millions de petites décisions intérieures.
Des
millions de prises de conscience discrètes.
Des
millions de réveils silencieux.
Le
monde change toujours ainsi :
par des
êtres humains qui se rappellent qui ils sont.
Alors
oui, je regarde le monde et je me questionne.
Pas
pour savoir si nous allons « survivre » —
mais
pour savoir si nous allons nous choisir, enfin.
Je ne
cherche pas de réponse immédiate.
Je
laisse l’univers respirer à travers mes interrogations.
J’observe,
j’écoute, je perçois.
Et une
image se forme, douce, obstinée, persistante :
Celle
d’une humanité fatiguée, mais capable de renaître.
Une
humanité qui a touché ses limites et qui, précisément pour cette raison, peut
enfin changer de direction.
Une
humanité blessée, mais pas perdue.
Une
humanité qui ne veut plus vivre dans la peur, la division, la violence, la
manipulation, l’illusion.
Nous
sommes au bord d’un précipice, oui.
Mais
nous sommes aussi au bord d’un éveil.
Et
parfois, l’éveil commence précisément là où tout semble s’écrouler.
Alors
je garde l’espoir.
Pas un
espoir naïf, pas un espoir aveugle.
Un
espoir conscient.
Un
espoir lucide.
Un
espoir né du simple fait que l’humanité, au milieu de toutes ses
contradictions, a toujours su renaître.
Toujours
su se réinventer.
Toujours
su retrouver, dans l’ombre la plus dense, une étincelle de lumière.
Peut-être
que cette fin de cycle n’est pas une chute.
Peut-être
est-ce une métamorphose.
Et si
c’est le cas, alors ce que nous vivons n’est pas une défaite.
C’est
un passage.
Un
passage vers un monde que nous n’avons pas encore construit,
mais
que nous pouvons choisir.
En
conscience.
En
humanité.
En
vérité.
Philosophe,
écrivain, créateur de la philosophie de l’Équilibrisme

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