UNE ANNEE N’EST NI BONNE NI MAUVAISE. LA DUALITE CONTROLE. LE CHOIX DEMEURE.
UNE ANNEE N’EST NI BONNE
NI MAUVAISE
LA DUALITE CONTROLE. LE
CHOIX DEMEURE
Par Henri Barbeblanche, philosophe, créateur de la
philosophie de l’Equilibrisme, créateur du concept d’Equitude.
En cette période de passage
d’une année à l’autre, j’entends partout la même phrase:
« Bonne année. »
C’est un souhait.
Un vœu sincère, souvent
chaleureux.
Mais c’est aussi, sans que
nous en ayons conscience, l’expression d’un conditionnement profondément ancré
: la dualité.
Bonne année… par opposition à
une mauvaise.
Comme si le temps lui-même
pouvait être jugé.
Comme si une année portait en
elle une valeur morale.
Or une année n’est ni bonne,
ni mauvaise.
Une année est un espace.
Un cadre temporel dans lequel
se déploient des choix, des décisions, des renoncements, des élans, des peurs,
des consciences plus ou moins éveillées.
Ce ne sont pas les années qui
sont bonnes ou mauvaises.
Ce sont les postures humaines
qui façonnent ce qui s’y déroule.
Depuis des siècles, l’humanité
s’est construite sur des systèmes de lecture simplifiés :
bien / mal
juste / faux
légitime / illégitime
ami / ennemi
Ces dualités ont été utiles
pour structurer, organiser, sécuriser.
Mais elles sont devenues, avec
le temps, des outils de contrôle.
Car lorsqu’on réduit le réel à
deux options, on réduit aussi la liberté de choisir.
On n’explore plus.
On obéit.
On se positionne.
On s’aligne… ou on s’oppose.
Et peu à peu, l’être humain
oublie quelque chose d’essentiel :
le pouvoir qu’il a donné peut-être
repris.
Dans une famille, un parent
décide “pour le bien” des autres.
Dans un village, un chef
décide “pour l’intérêt commun”.
Dans un pays, un dirigeant
décide “pour la sécurité”.
Sur la scène internationale,
certains décident… pour le monde.
Toujours avec de bonnes
raisons.
Toujours au nom du bien.
Toujours contre un mal
désigné.
Mais à partir de quel moment
accepte-t-on qu’un dirigeant décide qu’un autre peuple est mal dirigé?
À partir de quel moment
devient-il normal qu’un pouvoir s’arroge le droit de définir la légitimité d’un
autre?
Ce mécanisme est le même,
qu’il soit familial ou géopolitique.
Seule l’échelle change.
Et pendant que l’on entretient
ces oppositions, pendant que l’on distribue les rôles de “bons” et de
“mauvais”, une chose se met en place, silencieusement :
une marche vers
l’affrontement global.
Non pas parce que les humains
sont mauvais,
mais parce qu’ils ont oublié
qu’ils pouvaient choisir autrement.
L’équilibrisme ne nie pas les
conflits.
Il ne nie pas la violence du
monde.
Il ne nie pas les
responsabilités.
Mais il refuse la
simplification dangereuse qui consiste à croire qu’un camp incarne le bien et
l’autre le mal.
L’équilibrisme rappelle ceci :
la complexité n’est pas
un défaut du réel, c’est sa nature.
Et tant que l’humanité
refusera cette complexité,
tant qu’elle cherchera des
réponses simples à des situations profondément nuancées,
elle répétera les mêmes cycles
— jusqu’à l’effondrement.
L’histoire nous l’a déjà
montré.
Plusieurs fois.
Nous sommes peut-être à l’orée
d’un nouveau basculement.
Pas inévitable.
Mais possible.
Et c’est précisément là que le
libre arbitre redevient central.
Pas celui qu’on proclame.
Celui qu’on exerce réellement.
Une année n’est pas bonne ou
mauvaise.
Elle est ce que nous en
faisons.
Collectivement.
Individuellement.
Et si, au lieu de nous
souhaiter une “bonne année”,
nous nous souhaitions une
année consciente?
Une année où nous cessons de
déléguer entièrement notre pouvoir.
Une année où nous acceptons de
voir la complexité sans fuir.
Une année où nous choisissons,
vraiment.
Philosophe,
écrivain, créateur de la philosophie de l’Équilibrisme

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