LA SAINT-VALENTIN, OU L’APPRENTISSAGE DE L’AMOUR JUSTE

 

LA SAINT-VALENTIN, OU L’APPRENTISSAGE DE L’AMOUR JUSTE

Par Henri Barbeblanche, philosophe, écrivain, créateur de la philosophie de l’Equilibrisme, créateur du concept d’Equitude.


Le 14 février, les vitrines se parent de rouge, les restaurants se remplissent, les messages se multiplient. On parle d’amour comme d’un feu d’artifice : spectaculaire, visible, démonstratif.

 

Mais qu’est-ce qu’on célèbre vraiment ?

 

La Saint-Valentin est devenue la fête de l’amour romantique. Celui du couple. Celui des regards partagés, des mains qui se cherchent, des “je t’aime” murmurés. Et c’est beau. C’est précieux. C’est humain.

 

Mais si l’on s’arrête là, on manque l’essentiel.

 

Parce que l’amour ne commence pas à deux.

 

Il commence à l’intérieur.

 

Avant d’aimer quelqu’un, nous apprenons – ou pas – à nous regarder. À nous accepter. À nous pardonner. À nous choisir.

 

L’amour de soi ne consiste pas à se trouver parfait.

Il consiste à cesser de se maltraiter intérieurement.

 

Combien d’êtres humains se parlent avec une dureté qu’ils n’oseraient jamais employer envers quelqu’un qu’ils aiment ?

Combien s’exigent une perfection permanente ?

Combien se refusent le droit à l’erreur, à la fatigue, à la fragilité ?

 

On célèbre l’amour du couple, mais rarement celui qui consiste à se dire :

« Je suis imparfait… et je mérite quand même ma propre bienveillance. »

 

Dans l’équilibrisme, l’amour n’est pas une fusion.

Ce n’est pas une dépendance.

Ce n’est pas un besoin vital que l’autre vienne combler.

 

L’équilibrisme voit l’amour comme une rencontre entre deux êtres déjà debout.

Deux êtres qui ne cherchent pas à se compléter comme des moitiés manquantes, mais à partager leur entièreté.

 

Aimer l’autre sans s’aimer soi-même, c’est souvent demander inconsciemment à l’autre de réparer ce que nous refusons de regarder en nous.

Et cela crée des attentes, des tensions, des déceptions.

 

Aimer en équilibre, c’est différent.

 

C’est pouvoir dire :

« Je t’aime, mais je ne t’utilise pas pour exister. »

« Je t’aime, mais je ne te demande pas de me sauver. »

« Je t’aime, et je reste responsable de ma propre paix. »

 

La Saint-Valentin peut alors devenir autre chose qu’une célébration du couple.

Elle peut devenir une célébration de la capacité humaine à aimer — sous toutes ses formes.

 

Aimer un partenaire.

Aimer un ami.

Aimer un parent.

Aimer un enfant.

Aimer la vie.

S’aimer soi.

 

L’amour n’est pas seulement une émotion.

C’est une posture.

 

C’est la manière dont on se traite.

La manière dont on parle.

La manière dont on respecte les limites — les siennes et celles des autres.

 

L’amour n’est pas l’absence de conflit.

Ce n’est pas l’absence de peur.

Ce n’est pas l’absence de doute.

 

C’est la décision de rester présent, même quand tout ne ressemble pas à un film romantique.

 

Dans une société qui valorise la performance, la réussite, la comparaison, l’amour est presque un acte de résistance.

Un acte doux, mais puissant.

 

S’aimer soi-même, c’est refuser de se réduire à ses erreurs.

Aimer l’autre, c’est refuser de le posséder.

Aimer en équilibriste, c’est accepter que l’amour vacille parfois… sans en faire une catastrophe.

 

Alors peut-être que le 14 février n’est pas seulement la fête des couples.

Peut-être que c’est la fête de la conscience.

 

La conscience que l’amour commence par un regard intérieur apaisé.

La conscience que l’on peut aimer sans se perdre.

La conscience que l’on peut être deux… sans cesser d’être un.

 

Et si je devais formuler un vœu pour cette Saint-Valentin, ce serait celui-ci :

 

Que chacun apprenne à s’aimer suffisamment pour ne plus mendier l’amour,

et à aimer l’autre suffisamment pour ne jamais l’emprisonner.

 

Merveilleuse Saint-Valentin à vous tous —

que votre amour soit un équilibre, pas une dépendance.

 

Henri BarbeBlanche

Philosophe, écrivain, créateur de la philosophie de l’Équilibrisme, créateur du concept d’Equitude

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