REFLEXION SUR UN MONDE SANS FRONTIERES, SANS DOGMES EXCLUSIFS, SANS MURS INTERIEURS
REFLEXION SUR UN MONDE
SANS FRONTIERES, SANS DOGMES EXCLUSIFS, SANS MURS INTERIEURS
Par Henri Barbeblanche
Et si demain, au lever du
jour, les cartes du monde s’effaçaient doucement, comme des dessins tracés dans
le sable qu’un vent d’éveil viendrait disperser ?
Je parle ici des lignes
invisibles et pourtant si pesantes, celles qui découpent la terre comme un bien
à défendre, celles qui nous apprennent depuis l’enfance que l’« autre » vit
ailleurs, pense autrement, prie autrement, et qu’il faut peut-être s’en méfier.
Mais si nous osions un
instant imaginer que ces lignes n’étaient qu’accidents de l’histoire, et non
lois naturelles ?
Alors, ce ne serait pas
la fin des identités, mais la naissance d’une identité vaste, tissée
d’altérités réconciliées.
Je ne rêve pas d’un monde
uniforme, non. L’uniformité est une impasse, un déni de la richesse.
Je rêve d’un monde
accordé, comme un grand instrument composé de milliers de cordes vibrantes —
chaque peuple, chaque langue, chaque foi, chaque peau comme une note unique
dans une symphonie consciente.
Si les frontières
disparaissaient, les flux humains ne seraient plus des fuites ni des menaces,
mais des échanges.
On ne parlerait plus
d’immigration, mais de migration naturelle — ce mouvement ancien du vivant, des
oiseaux comme des hommes, vers la lumière, la survie, ou simplement un ailleurs
plus vaste.
Nous cesserions de
protéger nos cultures par la peur et commencerions à les partager par la joie.
Un sanctuaire commun pour le sacré
Et si, plutôt que d’avoir
mille temples qui s’ignorent ou s’opposent, nous bâtissions un lieu de silence
universel,
Un sanctuaire ouvert à
tous les visages de Dieu, et à ceux qui n’en cherchent aucun?
Un lieu où le musulman
poserait son front au sol,
où le chrétien ouvrirait
ses bras dans la lumière,
où le bouddhiste
respirerait au rythme de l’impermanence,
où l’athée s’asseoirait
simplement, les mains sur le cœur,
et où aucun d’eux ne
serait regardé de travers.
Car l’équilibre vrai ne
juge pas la voie. Il accueille la marche.
Et si Dieu existe — sous
mille noms ou dans un simple battement d’aile —
alors peut-être qu’Il est
ce qui relie, pas ce qui divise.
Une langue invisible
Si les langues cessaient
d’être des barrières, elles deviendraient des passerelles poétiques.
On n’aurait plus peur de
ne pas comprendre, car on chercherait à ressentir.
La parole universelle ne
serait pas un idiome unique, mais l’intelligence du regard, la musique du
geste, le chant de la présence vraie.
Une humanité retrouvée
Il ne s’agirait pas de
nier ce que nous sommes : nos cultures, nos rites, nos histoires.
Mais de les offrir sans
les imposer.
De les partager sans les
absolutiser.
Et surtout, de les
croiser — comme des rivières qui se rejoignent sans se perdre.
Ce monde sans cloison,
sans dogme unique, sans supériorité imposée,
serait peut-être le monde
de l’équilibrisme accompli :
un monde où l’unité ne
serait plus une fusion destructrice, mais une cohabitation harmonieuse de tous
les milieux.
Car l’équilibre, ce n’est
pas d’effacer les différences.
C’est de trouver le
centre où elles peuvent coexister, s’écouter, se révéler.
C’est là, dans cet
entrelacs sacré, que commence l’Humanité vraie.
Henri BarbeBlanche
Philosophe, écrivain, créateur de la philosophie de l’Équilibrisme

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